déclaration au Comité Technique Académique

20 novembre 2017
vendredi 1er décembre 2017
par  SUD Education 63

Plan étudiant

Une politique à l’égard de la poursuite d’études au-delà du baccalauréat peut suivre deux voies radicalement opposées :
soit l’organiser comme service public dans un cadre national et de la manière la plus égalitaire possible de façon à réduire la sélection sociale ;
soit livrer la formation aux pouvoirs régionaux et économiques dans des universités autonomes et mettre les étudiant-e-s en concurrence dans des parcours individualisés.
Le « plan étudiants » du gouvernement Macron prend comme alibi l’échec patent du système APB d’admission post-bac. Dans ses 40 pages de mesures, on peut certes trouver quelques points positifs, comme la suppression de la cotisation aux régimes de sécurité sociale des étudiants. Mais la logique d’ensemble du plan va incontestablement dans la deuxième direction, même si elle supprime le tirage au sort.
Il n’y aura pas de barrière à l’entrée dans le supérieur mais des « attendus »
« Exemples d’attendus de réussite pour la filière STAPS : avoir un investissement associatif ou avoir assuré des responsabilités collectives » (Plan Page 20). Ces critères d’orientation associés à une mise en concurrence pour l’affectation (puisqu’il n’y aura pas de place pour tout le monde dans toutes les filières) vont aggraver automatiquement la sélection sociale.
Qui aura les meilleurs moyens de préparer de bons attendus ? Quels élèves de LP pourront rivaliser ?
Le gouvernement nous annonce la création de 7 000 places sur 5 ans en BTS. 15 places par an et par département, c’est une manière de dire aux bacheliers et les bachelières technologiques et professionnels qu’elles n’ont pas leur place dans l’enseignement supérieur.
Jusqu’à ce jour, orienter était un métier, avec ce « plan étudiant » cela devient une machine bureaucratique qui surcharge le travail à tous les étages. Et, comme un aveu de bricolage le projet prévoit la mise en place d’un tutorat des lycéen-nes par… des jeunes en service civique…
Oui il faut lutter contre l’échec précoce à l’université et particulièrement l’échec des enfants des milieux populaires.
Pour cela il faut construire des universités.
Pour cela il faut recruter des personnels. Combien de titulaires de masters et de doctorat sont aujourd’hui inscrits à pôle emploi ?
Pour cela il faut en finir avec les amphis bondés où celui qui n’arrive pas une heure avant le cours n’aura pas de place.
Pour cela il faut améliorer les conditions d’étude dans l’enseignement secondaire. Avec une base de calcul de 35 élèves par classe au lycée, on prépare assurément l’échec dans l’enseignement supérieur pour toutes celles et tous ceux qui n’ont pas les moyens de se payer des préparations privées.
Pour aider aujourd’hui les étudiant-es à réussir leur entrée dans l’enseignement supérieur il faut des mesures importantes (bourses, salaire étudiant, salaire jeune…) qui leur permettent de se consacrer pleinement à leurs études sans avoir à chercher un emploi pour subsister. Le « petit boulot » du dimanche vanté par Emmanuel Macron alors ministre, c’est l’échec quasi assuré dès l’entrée dans l’enseignement supérieur.
De tout cela, le « plan étudiants » ne dit rien.
L’accès des enfants des classes populaires aux études supérieures semble vraiment le dernier des soucis de la « révolution Macron », les cadeaux fiscaux à sa base électorale sont bien plus importants.
À la sélection par l’échec dû au manque de places et de moyens, le « plan étudiants » ajoute une très lourde organisation du tri des bachelières et des bacheliers, une sélection officielle qui va d’autant plus accentuer la sélection sociale.
Répondre à l’échec par la sélection, c’est se féliciter d’apprendre à nager aux poissons.


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