Toutes et tous en grève le mardi 26 janvier !

vendredi 18 décembre 2020
par  SUD Education 63

A cette question, les réponses ne manquent pas mais la première qui nous vient c’est plutôt comment ne pas être en grève ?!

Il n’y a qu’à regarder nos conditions de travail actuelles et les dernières mesures en date annoncées par notre ministre. Nous avons toutes et tous des raisons de nous mobiliser pour nous ou pour soutenir les plus précaires.

Toi, l’AESH qui dépends maintenant des fameux PIAL, invention destinée à mutualiser les moyens aux dires de nos gouvernants pour gagner en efficacité. Mais la réalité est toute autre, tu es affilié-e à plusieurs élèves sur différents établissements ou écoles. Tu ne reçois aucune formation que ce soit pour t’occuper de la prise de note d’un élève de lycée dyslexique ou d’un enfant de maternelle souffrant de troubles autistiques et pour couronner le tout tu passes de l’un à l’autre sans que cela ne fasse sourciller les supérieur-e-s hiérarchiques. Pour assumer un rôle essentiel auprès des élèves présentant des handicaps, tu es soumis à des contrats et salaires plus que précaires.

Toi, l’AED (Assistant d’Education) qui trimes dans ton établissement pour un salaire dérisoire et sans perspectives d’avenir. Tu gères les absences des collègues non remplacé-e-s, tu es au contact des élèves dans les lieux clos où ils ôtent le masque (cantine) ou pour les mettre à l’isolement en cas de suspicion de COVID quand il n’y pas d’infirmier-ière scolaire, sans avoir toi-même de protection adaptée puisque non équipé-e de masques FFP2. Tu es confronté-e aux salles de permanences bondées car les enseignant-e-s ne sont pas remplacé-e-s non plus. Tu dois être aux entrées, aux sorties, dans la cour, les couloirs… pour faire respecter le port du masque et les gestes barrières aux élèves en n’ayant plus de place pour nouer une relation pédagogique avec eux…

Toi, l’ASS (Assistante de Service Social) dont le salaire reste encore bien trop bas alors que ta charge de travail ne fait qu’augmenter, surtout depuis le COVID, qui vois les étudiant·e·s tomber dans la précarité, tu demandes des moyens, des collègues titulaires supplémentaires mais l’administration t’oppose une fin de non recevoir…

Toi, le personnel administratif qui voit sa charge de travail augmenter chaque année en même temps que le nombre de postes diminue et qui assiste à la précarisation de plus en plus grande des services administratifs. Ton travail n’est pas suffisamment reconnu et tu es en butte à ta hiérarchie directe dont dépend directement ton évolution de carrière.

Toi, l’enseignant-e de maternelle qui vois les collègues non remplacé-e-s ou uniquement le matin parce que la priorité est donnée aux élémentaires. Tu te croyais épargné-e par Blanquer et tu sais maintenant que les programmes sont dans sa ligne de mire. Il veut remettre sur la table la primarisation de la maternelle si chère à son cœur en te proposant d’évaluer nationalement tes élèves dès la petite section et en faisant des années de maternelle des années de prépa aux évaluations de CP.

Toi, l’enseignant-e d’élémentaire qui subis déjà les évaluations nationales en CP et CE1. Tu as des effectifs souvent bien trop hauts comme tes camarades de maternelle. Tu dois remplir des PPRE, des PAP, des PPS et tout un tas de documents administratifs qui prennent toujours plus de temps et pour lesquels tu obtiens que bien peu d’aide puisque les RASED sont en voie d’extinction. De plus, tu vois ton métier se restreindre de plus en plus sur le lire/écrire/compter avec des méthodes d’enseignement de plus en plus cadrées et standardisées, reniant ainsi ta liberté pédagogique.

Toi, le ou la titulaire remplaçant-e qui en cette période de COVID vois tes conditions de travail se dégrader plus encore. Face au non-recrutement de personnels supplémentaires pour faire face aux absences des collègues présentant des facteurs à risque ou même ayant contracté-e-s la COVID, tu te retrouves dans des situations aberrantes : une école le matin et une autre le soir sur de longues périodes te laissant la pause méridienne pour faire la route, des classes avec 4 ou 5 niveaux parce que tu es le ou la seul-e brigade envoyé-e sur l’école pour 3 absents donc tu accueilles aussi les élèves des collègues car dans ces situations-là la limitation du brassage n’est plus aussi importante aux yeux de nos supérieur-e-s.

Toi, le directeur ou la directrice d’école qui vois tes taches administratives s’alourdir chaque jour un peu plus avec toujours plus d’enquêtes à renseigner. Tu as été particulièrement sollicité-e en cette période de crise sanitaire pour le maintien du lien avec les familles, l’organisation du fonctionnement des établissements, la mise en place du protocole… Tu n’as obtenu qu’une prime et quelques heures de décharge supplémentaire si tu as la chance d’être dans les catégories concernées.

Toi, le ou la contractuel-le embauché-e pour des contrats de courtes durées qui n’as ni le salaire ni le statut des autres enseignant-es. Tu es envoyé-e sur le terrain après quelques jours de formation dans les classes auxquelles tu peux n’avoir été jamais confronté-e.

Toi, l’enseignant-e de collège qui enseignes à des classes entières alors que la situation sanitaire imposerait des demi-groupes comme cela se pratique en lycée. Tu as eu une rentrée difficile après les vacances de Toussaint avec un hommage réduit à notre collègue Samuel Paty. Tu n’as bien souvent même pas eu de temps de concertation avec tes collègues pour l’organiser. Dans le même temps, ta hiérarchie te sommait de livrer le nom des élèves qui se feraient remarquer à l’occasion des discussions autour de la mort de ce professeur afin de les livrer aux interrogatoires de la police. Tu te sens abandonné-e par tes supérieur-e-s et cela s’ajoute à des dotations toujours en baisse.
Tu apprends que l’éducation prioritaire est à son tour sur la sellette et que tu devras bientôt entrer en concurrence avec les autres établissements pour pouvoir espérer obtenir quelques dotations pour ton collège.

Toi, l’enseignant-e de lycée qui déplores la réforme du BAC et te voit lourdement sanctionné-e quand tu protestes contre sa mise en place. Tu subis la transformation de ton lycée selon Blanquer avec toujours plus d’inégalités, du choix précoce des options en Seconde à Parcoursup. Pas d’allégement de programme cette année alors que le confinement a engendré du retard l’an passé et que la classe alternée en présentiel/distanciel continue à accumuler un retard qu’il n’est d’ors et déjà plus possible de rattraper, laissant sur le bord de la route les plus défavorisé-e-s encore une fois.

Toi, l’enseignant-e de lycée professionnel qui assistes au démantèlement de la voie professionnelle alors que le confinement a entraîné un décrochage massif de tes élèves. Tu vois ton lycée complètement désorganisé afin de se mettre au service du patronat et de la réduction des coûts. Tu subis une réforme entraînant le regroupement en familles de métiers, reniant les spécialisations pour créer des travailleurs-ses flexibles prêts à s’adapter aux spécificités économiques locales avec toutes les inégalités que cela entraîne et qui n’a pour but finalement que de supprimer des postes d’enseignant-e.. Tract voie professionnelle ici

Toi, l’enseignant-e du supérieur qui assistes à un désastre à la fois pédagogique et social dans les universités. Tu ne sais quasiment rien de ce qui t’attend pour les mois à venir hormis que tes cours ne reprendront pas avant janvier ou février. Tu redoutes une réelle numérisation des enseignements dans l’université publique. Tu t’interroges sur le côté pratique d’avoir des facultés fermées, limitant les mouvements étudiants, au moment où le gouvernement veut faire passer la LPR ou encore des mesures liberticides comme celles contenues dans la loi de Sécurité globale.

La liste évoquée n’est pas exhaustive mais elle est destinée à montrer à quel point nous avons tous et toutes des raisons de nous mobiliser. Il faut arrêter Blanquer et sa politique ! Son « Grenelle » n’est qu’une mascarade destinée à nous distribuer des miettes qu’il nomme primes pour mieux nous diviser. Si le confinement nous a démontré quelque chose, c’est bien l’importance pour le pays d’avoir ses écoles et établissements scolaires ouverts sous peine d’être complètement paralysé.

Montrons leur la force du collectif, battons-nous pour nos conditions de travail et nos salaires et réclamons un vrai budget pour l’éducation.

Toutes et tous en grève le mardi 26 janvier.

Tract Toi le…
Affiche il faut un plan d’urgence
Affiche tous ensemble nous sommes plus forts

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