ENFANCE EN DANGER, L’EDUCATION MOBILISÉE !

Appel initié par RESF
vendredi 30 novembre 2018
par  SUD Education 63

Soyons nombreu-se-s à signer ici

Nous, personnels de l’Éducation Nationale, de la Santé, des secteurs éducatifs, sociaux, des loisirs ou parents d’élèves, réunis le 10 octobre 2018 à Clermont-Ferrand, n’acceptons pas les conditions de grande précarité dans lesquelles vivent certains enfants dont nous avons la responsabilité ou qui sont les ami.e.s de nos enfants.

Nous refusons leur expulsion.

Depuis plusieurs années maintenant, nous accueillons dans nos établissements scolaires et nos structures éducatives, sociales, de loisirs ou de santé du Puy-de-Dôme, des adolescent-e-s et des enfants qui vivent dans des conditions d’une extrême précarité.

En effet, ces adolescent-e-s mineur-e-s non-accompagné-e-s, ces enfants et leurs familles sont contraints de vivre dans des squats d’où ils sont sans cesse menacés d’expulsion, ou sous des tentes, dans des campements de fortune érigés à Clermont-Ferrand, tour à tour Place de Jaude, sur le campus de l’UFR des Lettres et Sciences Humaines et cette année 2018 sur la Place du 1er mai.

Dans ces squats ou campements de fortune, ils doivent lutter pour obtenir le minimum indispensable à la dignité de chacune et de chacun : l’accès à l’eau, à l’électricité, à des toilettes ainsi que le minimum vital : de quoi manger et se faire à manger.

Au bout de plusieurs semaines de lutte, la plupart d’entre eux sont logés dans des gymnases ou à l’ancien lycée Monanges : de simples lits de camp posés les uns à côté des autres dans des salles où il est impossible d’avoir une quelconque intimité.

Ces adolescent-e-s et ces enfants que nous recevons, dont nous avons la responsabilité ou qui jouent avec nos enfants, nous voudrions pouvoir leur permettre de grandir, d’apprendre, d’accéder à la culture, et leur transmettre les valeurs de la République : la liberté, l’égalité, la fraternité, l’éducation pour toutes et tous…

Or, comment le faire quand ils arrivent le matin ensommeillés parce qu’il a plu et que l’eau a inondé la tente, ou parce qu’il y avait trop de bruit, sur un terrain où sont rassemblées parfois plus 200 personnes, toutes aussi inquiètes de leur avenir les unes que les autres ?

Comment le faire quand le moindre mouvement dans la rue évoque l’imminence d’une expulsion du squat où ils ont trouvé refuge ?

Comment le faire quand leurs parents, honteux, nous disent n’avoir pu les laver ni leur faire prendre un petit-déjeuner ?

Comment le faire quand ces adolescents sont livrés à eux-mêmes dans une chambre d’hôtel, payée par l’Aide Sociale à l’Enfance certes, mais où aucun soutien psychologique ni éducatif ne leur est octroyé ?

Comment le faire quand pèse sur eux et leurs familles la menace d’une expulsion vers des pays qu’ils ont fuis, à cause de l’oppression, de la répression, de la guerre, de la misère, l’impossibilité d’aller à l’école et d’avoir une vie digne et sereine ?

Et que répondre à leurs camarades qui nous accablent de questions pour comprendre pourquoi leur copain n’a pas de maison, pourquoi leur copine n’a pas pu faire ses devoirs faute de table et d’un environnement propice, pourquoi dans notre ville ou notre quartier il y a des gens à la rue, si pauvres, si malheureux et si mal accueillis ?

Comment leur dire que pourtant l’État doit, selon le droit français, donner un hébergement à toutes les personnes demandeuses d’asile, mais que le gouvernement n’applique pas la loi ?

Et comment leur expliquer enfin que l’État, le gouvernement, les collectivités locales ne respectent pas les engagements que la France a signés avec la Convention Internationale des Droits de l’Enfant, selon laquelle « les États parties s’engagent à respecter les droits énoncés sans distinction aucune », y compris l’« origine nationale » ? Et qui proclame entre autre que :

• « Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, l’intérêt supérieur de l’enfant doit être une considération primordiale. »

• « Les États parties s’engagent à assurer à l’enfant la protection et les soins nécessaires à son bien-être. »

• « Les États parties reconnaissent le droit de tout enfant à un niveau de vie suffisant pour permettre son développement physique, mental, spirituel, moral et social. »

• « Les États parties adoptent les mesures appropriées, pour aider les parents à mettre en œuvre ce droit notamment en ce qui concerne l’alimentation, le vêtement et le logement. »

A ces enfants et adolescent-e-s, qui sont les adultes de demain, on fait du mal.

A eux bien sûr, mais aussi à leurs camarades qui comme le stipule la Déclaration des Droits de l’Enfant, ont été « élevé[s] dans le sentiment qu’il [leur] appartient de consacrer [leur] énergie et [leurs] talents au service de [leurs] semblables ».

Nous n’acceptons pas les conditions dans lesquelles les pouvoirs publics contraignent certains enfants et adolescent-e-s à survivre.

Nous ne les laisserons pas expulser hors de France, eux qui ont appris la langue française, que nous avons soutenus, soignés, encouragés…

Nous exigeons que le Conseil Départemental du Puy-de-Dôme permette aux Mineur-e-s non-accompagné-e-s de vivre et d’être éduqué-e-s dans de bonnes conditions et qu’il cesse de remettre systématiquement en cause leur minorité.

Afin qu’ils aient une vie saine et sereine, et qu’ils bénéficient des droits que leur accorde la Convention Internationale des Droits de l’Enfant, nous demandons que la préfecture du Puy-de-dôme leur donne, à eux et leurs familles, des titres de séjour, seule solution pour qu’ils puissent accéder à leurs droits.


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