Déclaration du représentant SUD éducation au Comité Technique Académique du 15 mars 2018

vendredi 16 mars 2018
par  SUD Education 63

Lors du précédent CTA nous avons longuement fait part de nos désaccords avec les propositions du gouvernement et du ministère en matière d’accès à l’université et sur les réformes annoncées du baccalauréat et du lycée qui à notre sens risquent de discriminer socialement encore davantage les études secondaires et les poursuites d’étude dans le supérieur.
Le 5 mars le Conseil Supérieur de l’éducation a largement rejeté Parcoursup. O voix pour, 36 voix contre et 21 abstentions. Il n’y a plus personne en dehors du gouvernement pour soutenir cette réforme.
Bien entendu le ministère a décidé de ne tenir aucun compte de ce rejet.
C’est donc bel et bien la sélection généralisée à l’entrée de l’université qui veut se mettre en œuvre. Dès cette année, le bac ne sera plus suffisant pour accéder à l’université puisque les élèves devront satisfaire des attendus définis par chaque établissement.
On nous promet un lycée « à la carte » faisant de l’élève l’auto-entrepreneur de sa scolarité, toujours davantage responsable individuellement de ses choix, de ses « réussites » et donc de ses « échecs » ; un bac “maison” dépendant de l’établissement, cassant ainsi sa valeur nationale et créant d’avantage d’inégalités entre les établissements. Déjà les officines privées se précipitent sur le marché de l’accompagnement à l’orientation.
Nous continuerons donc avec les étudiants, avec les parents d’élèves, avec les lycéens qui s’organisent à dénoncer ce recul qui remplace le tirage au sort par le tri et prétend répondre à l’échec par la sélection.
A tous les niveaux, notre mission n’est pas de gérer des flux d’élèves en vue de produire des premiers de cordée.
Le chef de l’Etat a décidé d’accélérer la promotion de l’entreprise comme modèle unique d’organisation y compris pour son gouvernement. On parle aujourd’hui « d’entreprise France », le gouvernement lui-même est géré comme une start up et la forme hégémonique du marché prétend ne pas être contestée. Le premier ministre évoque déjà en ce sens l’externalisation de la certification des langues vivantes.
Le 22 mars des centaines de milliers de personnes vont se mettre en grève contre cette vision du monde.
Avec l’annonce réaffirmée de 120 000 suppressions de postes dans la fonction publique c’est bien d’une destruction des services publics dont il faut parler avec son corolaire : la marchandisation du monde. A l’inverse celles et ceux qui seront dans la grève le 22 mars voudront réaffirmer contre cette modernité libérale, leur aspiration à des biens communs protecteurs des droits de tous.
Ils voudront aussi répondre massivement à la violence du gouvernement et dire qu’il faut plus de personnels, plus de personnels sous statuts dans l’ensemble des services publics qui subissent depuis des années des politiques d’austérité.
Ils voudront aussi affirmer leur refus de la casse des statuts et leur refus du développement de l’emploi précaire au sein du service public. En quoi la casse du statut de fonctionnaire améliorerait-elle la situation de l’emploi dans ce pays ?
Ils voudront aussi dénoncer la provocation et la suspicion que constitue la remise en place d’un jour de carence.
Toutes et tous affirmeront leur refus de voir leur salaire diminuer et leur volonté d’une augmentation générale des salaires assise sur un autre partage des richesses.
En espérant que ce printemps soit celui des services publics je voudrais redire ici que l’école n’est pas une entreprise, que l’éducation n’est pas une marchandise et que nous ne sommes pas des ressources humaines.


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