De la maternelle à l’université, nous avons toutes et tous des raisons de nous mettre en grève le 22 mai

dimanche 6 mai 2018
par  SUD Education 63

Sélection, inégalités territoriales, tri social, précarisation, casse des statuts, voilà les maîtres mots de la politique gouvernementale. A l’image des cheminot-e-s et du service public ferroviaire, l’éducation nationale et ses personnels sont durement attaqué-e-s. Notre réponse doit être à la hauteur des enjeux car c’est l’existence même d’un service public qui est menacée.

Nécessité de s’unir contre la précarité
L’éducation nationale, première utilisatrice des contrats aidés, est loin d’être épargnée par leur disparition. Pour pallier ce manque, le ministre de l’éducation a annoncé « une montée en charge » des Services Civiques qui ne dépendent pas du Code du Travail et perçoivent une « indemnité » de moins de 600 euros par mois. Contrairement à leurs objectifs initiaux, les Services Civiques sont amené-e-s à effectuer des missions qui relèvent d’emplois statutaires. Avec la réduction des emplois aidés, on passe de la précarité au « bénévolat »… Et dans le même temps, la précarité perdure dans le secondaire et s’installe dans le premier degré. Quant à la conception inclusive de l’école, elle repose surtout sur le développement de l’emploi précaire. Il faut arrêter les recrutements de salariés précaires et titulariser celles et ceux déjà employés.

Nécessité de s’unir à l’école
Pour fournir les enseignant-e-s nécessaires dans les classes à 12 élèves de CP et CE1 de l’éducation prioritaire, ce sont d’autres classes qui ferment, ce sont les effectifs d’élèves dans les autres classes qui augmentent. Pour affirmer une priorité, le ministère dégrade le reste.
La scolarisation des élèves porteurs de handicap ne s’accompagne d’aucune mesure réelle, ni de création de postes, ni de remise en place de la formation continue nécessaire aux personnels, ni même de réduction des effectifs dans les classes concernées.
Les annonces du passage de l’instruction obligatoire de 6 à 3 ans entérine une situation de scolarisation déjà quasi-généralisée. Mais en l’absence de moyens supplémentaires pour l’école publique, c’est le privé sous contrat qui assurera ce service avec le financement des municipalités. En effet, celles-ci sont contraintes de financer la scolarisation obligatoire …… La mesure annoncée par le ministère devrait donc surtout améliorer la situation de l’enseignement privé, et cela n’est pas acceptable.
De plus, JM Blanquer jette à nouveau le discrédit sur les enseignants pour flatter une partie de l’opinion. Ce nouveau ministre « moderne » fait du neuf avec du vieux : le retour aux « bonnes vieilles méthodes » d’une école rétrograde avec, en exergue, le retour à la méthode syllabique pure ! Effet politique garanti, résultats pédagogiques anéantis… Les recettes passéistes de l’enseignement de M. Blanquer ne feront qu’accroître les inégalités d’accès à la culture scolaire. Ses directives vont à l’encontre de la liberté pédagogique des enseignant-e-s. Contrairement à « la com » du ministre, le problème n’est pas un problème de méthode, mais un problème de moyens et de choix politiques néo-libéraux. Non Monsieur Blanquer, nous ne ferons pas des élèves le bétail du marché du travail ! Oui Monsieur Blanquer, nous continuerons coûte que coûte à former les enfants qui nous sont confiés à l’esprit critique, à la réflexion, en visant l’émancipation de toutes et tous.

Nécessité de s’unir au collège
Deux ans après les aller-retour d’une réforme du collège contestée pendant des mois par les enseignants, les signes d’une amélioration des conditions d’étude et de travail ne sont pas au rendez-vous. Faute de groupes réduits favorisant les apprentissages, faute de moyens humains pour aider tous les élèves, le collège reste le lieu de grandes inégalités sociales face aux difficultés scolaires.
Dans ce contexte, la potentielle disparition des centres d’information et d’orientation (12 dans l’académie) pour déléguer la compétence de l’orientation aux régions risque de déboucher sur un affaiblissement du service rendu au public et donc sur un renforcement du tri social à la sortie du collège.

Nécessité de s’unir au lycée
Le ministre Blanquer veut réformer en même temps le baccalauréat et l’ensemble du déroulement de la scolarisation en lycée afin de les mettre en conformité avec les « attendus » imposés par la réforme de l’accès à l’université. « Parcoursup » est un des rouages de la sélection sociale contre laquelle se mobilisent les lycéens et les étudiants depuis le début de l’année.
Pour l’organisation future du lycée, le ministère maintient le flou et à dessein, car les modalités de mise en place des nouvelles spécialités et disciplines auront un impact direct sur les postes, les horaires et conditions de travail des enseignant-e-s. L’estimation pour la seule première année de mise en place est entre 5 et 10 000 suppressions de postes.
De plus, la question des effectifs de classes n’est pas réglée. Les classes risquent d’être globalement plus chargées (puisque sans filière), sauf pour une petite partie des enseignements de spécialités et options.

La ventilation de « la marge horaire » qui permet des dédoublements et des cours en groupe à effectif réduit) sera désormais dévolue au conseil pédagogique, ce qui renforcera la concurrence entre les personnels, l’émergence de « petits chefs » et l’autonomie des établissements.
Enfin, le ministère en profite, pour transformer une partie des heures d’accompagnement personnalisé alors qu’il entérine la disparition de l’orientation scolaire, en prévoyant la possibilité de faire appel à des organismes extérieurs à l’éducation nationale.
Toutes ces mesures vont renvoyer les lycées au « chacun pour soi », mettre en place la concurrence entre les lycées et donc aggraver les inégalités territoriales.

Nécessité de s’unir dans l’enseignement professionnel
Le ministre Blanquer prépare une réforme de la voie professionnelle, distincte de celle du bac et du lycée. Complètement dépendante de celle menée par Pénicaud sur l’apprentissage et la formation professionnelle, elle porte un rude coup à l’enseignement professionnel scolaire. Claironner partout vouloir faire des « Harvard du professionnel » c’est peut-être bien. Mais dans la réalité, la plupart des DHG de SEP et LP sont ponctionnées dès cette année et le gouvernement promet une place accrue du patronat dans le choix des formations, la rédaction des référentiels, la casse du cadre national des diplômes, la mise en danger du statut de PLP et la transformation de la voie pro en sas de l’apprentissage.

Nécessité de s’unir à l’université
Dans le supérieur, la mobilisation contre la loi relative à l’orientation et la réussite des étudiant-e-s (ORE) s’étend. Dans un contexte marqué par des violences intolérables contre les étudiant-e-s mobilisé-e-s, un nombre non négligeable d’universités sont occupées ou bloquées.
SUD éducation s’oppose depuis l’automne à cette loi et demande son abrogation pour les raisons suivantes :
La possibilité de la sélection à l’entrée de l’université : au prétexte d’une meilleure orientation, la loi donne la possibilité à chaque université de créer des « attendus » locaux, mettant fin au baccalauréat comme diplôme garantissant l’accès à l’enseignement supérieur. Contrairement à ce qu’affirment le gouvernement et ses soutiens, la sélection à l’entrée de la licence se met en place dès cette année, c’est une rupture considérable, au détriment des élèves issu‑e-s des milieux les plus populaires.
L’usine à gaz Parcoursup : La formulation de 10 vœux non hiérarchisés et le refus du gouvernement d’autoriser les classements ex-aequo contribuent à faire de Parcoursup un outil injuste et inutilisable. Dans les filières en tension, il sera humainement impossible d’examiner les vœux des élèves (plusieurs milliers de dossiers souvent) et des algorithmes vont être mis en place pour le faire. Frédérique Vidal ment donc éhontément quand elle déclare que les lettres des élèves seront lues par les équipes pédagogiques. De nombreuses universités ont ainsi déjà annoncé qu’elles contourneraient le système, n’ayant d’ailleurs pas les moyens de faire autrement.
La fin du cadre national des diplômes. La Licence sera désormais délivrée si l’étudiant-e obtient 180 crédits, pouvant être obtenus sur une période de 2 à 4 ans, dans une optique de « personnalisation des parcours ». L’étudiant-e s’inscrit ainsi à l’UE et non plus à l’année ou au semestre (ce qui permettait aux étudiant-e-s de maîtriser leur formation. Ce mode d’inscription impliquerait la fin de la compensation entre UE dans le cadre d’un semestre et entre semestres dans le cadre de l’année. Loin d’être une simple réforme technique d’APB, la loi ORE est le cheval de Troie d’une offensive de grande ampleur contre le service public de l’enseignement supérieur, jusque là quasi-gratuit et ouvert à toutes et tous. Par exemple, l’université de Nice proposera dès la rentrée prochaine des diplômes d’établissement (locaux) de niveau master… avec des droits d’inscription de 4000 euros !
Soutenons les étudiant-e-s mobilisé-e-s qui combattent la loi ORE et, comme le font déjà des personnels dans le supérieur, incitons les collègues à refuser sa mise en œuvre.

Il y a nécessité de s’unir parce que l’unité permet l’efficacité… Propageant la plus grande confusion entre rentabilité à des fins particulières et efficacité au bénéfice de tous, le gouvernement veut délégitimer un peu plus l’État social, qui fut pourtant gage d’émancipation pour de nombreuses générations. Après avoir multiplié les cadeaux fiscaux aux vrais privilégiés, il tente de faire croire que la fonction publique est le lieu des privilèges. Égalité, justice sociale, démocratie : il y a pourtant des principes qui deviennent des lieux dans lesquels est ancré le progrès. C’est ce qu’incarne plus que tout l’école publique et laïque. Aujourd’hui, plus que jamais, ces lieux sont attaqués.

Alors de la maternelle à l’université, rassemblons-nous, dans la grève, avec les personnels des autres secteurs publics, pour le bien commun. Les services publics sont de véritables zones à défendre. Les services publics c’est notre capital, ne les laissons pas aux multinationales !


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