Carte scolaire : la casse de l’Ecole publique continue !

jeudi 4 février 2021
par  SUD Education 63

Dans le premier degré

Carte scolaire après carte scolaire, l’administration a continuellement joué sur le levier du nombre de remplaçant·e·s pour gagner des postes, à tel point qu’il est maintenant très fréquent qu’un·e collègue absent·e ne soit pas remplacé·e. De l’aveu du DASEN lui-même, "on a eu jusqu’à 72 classes avec un enseignant non remplacé la même journée". Pour une fois que l’administration reconnaît qu’il y a un problème de dotation, on pourrait y voir le signe d’améliorations futures.

Mais c’est bien l’inverse qui se produit : pour palier au problème de remplacement (notamment pour assurer la formation continue devenue quasiment inexistante), on crée… des postes précaires, assurés par des étudiant·e·s en M2.

L’Education nationale a organisé elle-même la pénurie pour remplacer les fonctionnaires par des postes de contractuel·le·s ! La ficelle est grosse, mais ce sont les procédés les plus voyants qui fonctionnent encore le mieux.

Au-delà, ce sont 30 postes de fonctionnaires qui vont être remplacé·e·s par des contractue·le·s, de quoi fragiliser encore un peu plus l’école publique… Le secrétaire général de l’académie de Clermont-Ferrand affirmait à SUD éducation récemment vouloir protéger le statut de fonctionnaire… en recrutant des précaires ?

Depuis des années, SUD éducation alerte sur la politique de la carte scolaire à moyens (de fonctionnaires) quasi-constants. Pour améliorer la situation des remplacements et créer des ouvertures là où c’est nécessaire (pas toujours avec des fonctionnaires), le DASEN n’a pas hésité à fermer 44 classes dans le Puy-de-Dôme, essentiellement dans les petites communes !

Il y a quelques années, l’administration promettait vouloir protéger le tissu rural. Qu’en est-il aujourd’hui ? A l’heure où Jean-Michel Blanquer proclame à longueur d’interview que rien n’est plus important que le fait que les écoles soient ouvertes ?

Retrouvez ici une pétition contre la fermeture d’une classe à Chanat-la-Mouteyre.

Manifestation mecredi devant la sous-préfecture d’Ambert à 15h15 pour demander l’abandon des mesures programmées de fermeture dans le bassin ambertois. Voir le tract ici.

Rassemblement à Issoire mercredi devant la sous-préfecture à 14h00 pour demander l’abandon des mesures programmées de fermeture dans le bassin issertois. Voir le tract ici.

Rassemblement vendredi matin 9h30 devant la DSDEN lors du second CTSD pour demander l’abandon de toutes les fermetures (infos sur horaires mises à jour sur Facebook)

N’hésitez pas à nous envoyer d’autres initiatives (à sud63@sudeducation.org) que nous relaierons sur Facebook @sudeducation63.

Dans le second degré

Dans l’académie de nouvelles suppressions d’emplois sont à redouter, à effectifs élèves constants, 54 suppressions sont annoncées pour la rentrée 2021, c’était 82 suppressions en 2019 et 74 en 2020 : 210 postes en trois ans ! Dans le même temps, la suppression de 30 emplois deremplacement est annoncée, il y a donc malheureusement fort à parier que les absences ne seront pas remplacées, alors même que la situation est déjà très critique !
Le rectorat se targue d’une stabilité des moyens en collège et d’une augmentation en lycée mais la réalité est la suppression cette année encore de postes fixes, au profit d’un développement
massif des HSA (Heures Supplémentaires Année).
L’augmentation le nombre d’HSA imposées aux enseignant·e·s ne constitue pas une revalorisation, et c’est surtout le moyen d’économiser des postes d’enseignant·e·s fonctionnaires.

54 suppressions de postes à la rentrée 2021, cela correspond à une transformation d’ETP (Equivalent Temps Plein) en HSA, soit une augmentation de 10% par rapport à l’an dernier, après une augmentation de 12% sur les deux dernières années. Or, les enseignant·e·s en poste ne pourront continuer à absorber ces HSA et arrivent à saturation. Comment continuer à faire face à la surcharge de travail que ces HSA impliquent quand elles entraînent de fait le plus souvent au moins une classe supplémentaire ? Source de pression sur et entre les personnels, ces HSA en outre, amplifient les inégalités entre hommes et femmes.
De plus, les services partagés vont se multiplier, alors même que leur accroissement dégrade fortement les conditions de travail des enseignant·e·s, en particulier TZR et contractuel·le·s.
Enfin on peut s’attendre à ce que, dans un tel contexte, tout temps partiel qui ne serait pas de droit soit refusé ou difficilement négocié.
Or, malgré les deux HSA obligatoires pour tous les enseignant·e·s à temps complet, les chefs d’établissement ne pourront pas toutes les attribuer. Ce seront donc essentiellement des contractuel·le·s qui se verront imposer ces heures.

Ce fonctionnement s’inscrit donc pleinement dans la logique de la loi de Transformation de la Fonction Publique qui vise à réduire l’emploi statutaire et à développer l’emploi précaire.


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