Une rentrée des écoles conflictuelle

mardi 25 septembre 2012
par  SUD Education 63

Extrait du journal Azimuts N°207

Depuis des années, le service public d’éducation a besoin, à tous les niveaux, de dizaines de milliers de postes supplémentaires. Cette année encore 13 000 postes ont été supprimés sous un gouvernement supposé « de rupture ». Depuis deux décennies de libéralisme, personnels et usagers ne pèsent pas lourd dans le pilotage de l’Éducation nationale.

Dans le département, cette année

  • des écoles avec 27 élèves (et plus) par classe n’obtiennent pas d’ouverture.
  • des écoles dont la moyenne par classe est de 30 élèves (et plus) et où l’on affecte un collègue à mi-temps pour un soutien pédagogique. Sa mission, pas clairement définie, et qu’il n’a pas choisie consisterait à prendre en charge quelques heures par semaine quelques élèves d’une classe pour offrir, un temps, des conditions d’étude et de travail acceptables, puis il fera de même avec une autre classe, puis il changera d’école et recommencera… Cette situation n’est acceptable, ni pour les élèves ni pour les collègues concernés.
  • des écoles où on ferme une classe sachant que les élèves absents le jour de la rentrée ne sont pas comptés dans les effectifs alors qu’ils seront bientôt de retour de vacances.
  • des écoles obtiennent enfin l’ouverture qui parfois aurait dû leur être accordée depuis un ou deux Comité Technique
  • et comme chaque année, des écoles se voient fermer une classe après les premiers jours de classe, au mépris des élèves et du travail des équipes et de l’investissement des collègues.

L’Inspection Académique a refusé et refuse toujours de communiquer aux syndicats les relevés complets des effectifs de rentrée. Nous sommes donc dans l’impossibilité de nous assurer de « l’équité » des mesures d’ajustement décidées par le DASEN, M. Launay.

Cette année, le département a vu apparaître des îlots de contestation où parents et équipes ne se sont pas satisfaits du principe technocratique servant à piloter les décisions de carte scolaire , à savoir « Ce ne sont pas les besoins mais les moyens qui font les classes ».

Dans les écoles V. Hugo, J. Jaurès et A. Briand de Clermont Fd, à Plauzat et à Vertaizon, des parents d’élèves avec le soutien d’enseignants se sont élevés contre les conditions de rentrée. Des parents ont occupé les écoles, ont organisé des manifestations, se sont imposés à l’inspection académique et ont été reçus par le DASEN pour exprimer leur incompréhension, leur colère et leurs attentes. Ils se sont ouverts à la presse, ont interpellé leurs élus et le ministre Peillon…

Résultat, l’inflexibilité de l’inspection académique s’est fissurée et de nouvelles décisions – à géométrie variable selon le rapport de force établi – ont été prises :

  • Après un retrait de classe, l’école maternelle V. Hugo, aa obtenu un demi-poste de soutien pédagogique.
  • Après avoir retiré une classe à l’école maternelle J. Jaurès, le DASEN a garanti l’affectation d’un remplaçant à l’année si les enfants inscrits revenaient bientôt de vacances.
  • A Plauzat, après avoir menacé de retirer le demi-soutien pédagogique attribué à la rentrée, le DASEN a jusqu’ici refusé de prendre en compte les revendications légitimes des parents qui ont occupé l’école pendant plus de 10 jours.
  • Les parents de l’école A. Briand ont protesté contre la fermeture d’une classe, sans préavis, quelques jours après la rentrée mettant à mal, plusieurs projets d’équipe chers aux élèves et aux familles. Le DASEN a cru qu’il allait leur faire lâcher prise en annonçant qu’il affectait un remplaçant pour quelques semaines, le temps que l’équipe et les parents avalent la pilule. Échec de la manœuvre, exaspération des parents qui ont su passer au-dessus du DASEN, frapper aux bonnes portes pour obtenir gain de cause et faire revenir la 9e classe et son enseignant, M Launay justifiant son revirement par la présence de quatre nouveaux élèves dans l’école.

Nous sommes étonnés d’être le seul syndicat à nous être réjoui de cette victoire.

Bien sûr, nous aurions préféré que d’autres écoles obtiennent les postes dont elles ont besoin, nous sommes et resterons à leurs côtés dans cet objectif. Les besoins n’étaient pas plus importants à Aristide Briand qu’ailleurs, mais ce qui est arrivé à A. Briand cette année et qui arrive chaque année dans le département, est un vrai désastre pour ces écoles. Les collègues ont mis en place ensemble un mode de fonctionnement et des projets pour l’année, les élèves ont découvert leurs classes et la répartition change au bout d’une semaine ! Les collègues doivent alors revoir leur travail de préparation. Nous considérons que ce n’est pas parce que ces mesures sont habituelles qu’elles sont plus acceptables. Chaque année nous dénonçons ces situations en votant contre les ajustement de carte scolaire en septembre.
Le 7 septembre, SUD éducation était le seul syndicat à voter CONTRE les fermetures tardives, CONTRE les refus d’ouvertures et CONTRE les demi-soutien qui tentent de voiler l’insuffisance de la dotation en postes du département.

Bravo à toutes les personnes qui se sont opposées aux mesures prises. Toutes ces personnes rappellent aux fatalistes et aux organisations qui nous promettent un quinquennat qui chante, que la lutte organisée par ses acteurs et actrices est le meilleur et souvent le seul moyen de gagner.
Comme nous l’avons fait dès avant l’élection de François Hollande, nous continuons à appeler toutes et tous à ne pas accepter les appels à la patience et les « c’est pas si mal » qui nous sont adressés. Faisons pression, ensemble, sur tous les élus politiques, à tous les niveaux, pour les mettre devant leurs responsabilités et obtenir pour tous un véritable changement de la politique éducative. Cette rentrée puydômoise le prouve, c’est en se battant résolument et collectivement sur nos revendications que nous obtiendrons satisfaction.

le 24 septembre 2012.
Christophe Amblard, Fabienne Chambon


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