Rythmes scolaires

L’AG appelle à une réunion le 20 novembre à 14 heures
vendredi 15 novembre 2013
par  SUD Education 63

Le jeudi 14 novembre, les professeurs des écoles et les personnels territoriaux étaient invités par une intersyndicale nationale SUD-CGT-FO à se mettre en grève contre la mise en place de la réforme sur les rythmes scolaires.

Dans le Puy-de-Dôme, malgré l’inertie voire l’opposition des syndicats majoritaires le mouvement de ce jeudi a été bien suivi et a mobilisé en dépassant les frontières syndicales. Un peu partout dans le département des collègues étaient en grève. Des écoles étaient fermées, d’autres étaient fortement touchées.

La réforme des horaires d’école de V. Peillon, abusivement appelée réforme des rythmes scolaires, a été mise en place dans la précipitation, sans concertation suffisante et finalement elle pose plus de problèmes qu’elle n’en règle.

Contrairement à ce qui est régulièrement affirmé, cette réforme ne tient que très peu compte des apports des spécialistes des rythmes des enfants.

Ce que nous voyons quotidiennement là où elle a été mise en place cette année nous permet d’affirmer qu’elle ne permet absolument pas de lutter contre l’échec scolaire.

Pour nous décrédibiliser, certains nous reprochent de défendre le statu-quo ; il n’en est rien. Nous réclamons une réforme qui ne se limite pas à une question d’horaires et ne fait pas l’impasse sur les conditions d’accueil et d’enseignement :

  • effectifs des classes,
  • contenu des programmes scolaires,
  • place de l’évaluation,
  • traitement de la difficulté scolaire,
  • formation initiale et continue des personnels.

Pour SUD éducation, si cette réforme suscite autant d’opposition c’est que justement elle ne s’attaque pas à ces vrais problèmes et ne se donne pas les moyens de rendre l’Ecole plus juste, moins inégalitaire.

C’est aussi qu’elle fait suite à une dégradation considérable de nos conditions de travail durant la dernière décennie.Les Fillon, Copé, Darcos, Chatel et consorts qui prétendent aujourd’hui se soucier du bien être des enfants ne peuvent se prévaloir d’aucune espèce de crédibilité en la matière, eux qui ont attaqué avec méthode et ténacité le service public d’éducation aussi longtemps qu’ils ont été au pouvoir.

En entretenant la confusion entre temps scolaire et temps périscolaire, en dérégulant les horaires des écoles et des enseignants, en nous imposant de préparer la classe une journée de plus, en nous supprimant une coupure dans la semaine que nous utilisions pour la part non visible de notre travail (corrections et préparations), en rajoutant sur la pause méridienne et les mercredis après-midi toutes les réunions, en maintenant les APC et en libérant encore une fois les discours hostiles aux enseignants,la réforme des horaires d’école version Peillon ajoute à la souffrance au travail des personnels qui est reconnue et fait l’objet de rapports depuis des années.

Les employés territoriaux subissent eux aussi des conditions de travail lamentables. C’est pourquoi il était important que nous nous retrouvions ensemble pour réclamer une autre réforme.

Notre synthèse de l’assemblée générale de grévistes de jeudi après-midi

Une trentaine de personnes (enseignants et agents territoriaux) représentant de nombreux secteurs scolaires ont mis en évidence par leurs échanges que la réforme dite des rythmes scolaires se caractérise par :

  • une grande confusion : confusion entre temps scolaire et temps périscolaire tant dans le rôle que le ministère entend nous donner dans cette réforme que dans l’esprit des parents et des enfants qui ne parviennent pas toujours à comprendre qui est responsable de quoi ; confusion entre temps d’apprentissage et temps d’animation qui, même avec des intervenants qualifiés,ne permettent pas aux enfants de profiter de ces instants comme ils le feraient dans des clubs ou structures spécialisés.
  • un écran de fumée qui crée des illusions. Cette réforme ne permet pas aux élèves de mieux réussir à l’école. Tout l’espace médiatique qui a été occupé pour promouvoir cette réforme a surtout servi à détourner les regards des problèmes rencontrés dans les classes (effectifs élevés, programmes surchargés, carence de l’aide aux enfants en difficulté, etc.) . C’est un mensonge aux parents qui s’imaginent que tout le temps périscolaire, entre autres parce qu’il a lieu dans l’enceinte de l’école, est une chance, un plus pour leurs enfants.
  • un accroissement des inégalités territoriales selon que la commune est riche ou pauvre, qu’elle dispose ou non d’équipements et de structures sportives et culturelles, que ses élus prennent ou non la décision de consacrer une part importante du budget communal au périscolaire, que ces élus font ou non des efforts de concertation avec les personnels et usagers.
  • Le fait que nombre d’enseignants subissent les conséquences des problèmes organisationnels du temps périscolaire en se voyant régulièrement contraints de prendre en charge les enfants, surtout dans des communes rurales, ou en étant contraints d’adapter les emplois du temps de classe au perturbations des périodes de disponibilité des élèves pour travailler.

Les participants à l’AG se sont séparés en appelant à donner une suite à cette journée et à continuer les échanges en se donnant rendez-vous mercredi 20 novembre pour une nouvelle réunion qui aura lieu à 14 heures au centre Jean Richepin à Clermont.

En fin de journée, une délégation a été reçue à la préfecture par la DASEN, son adjoint et le directeur de cabinet du Préfet.

Les syndicats ont fait part de leurs analyses de la situation et de leurs revendications et SUD éducation a porté à la connaissance des autorités les résultats des discussions de l’assemblée générale en insistant sur ce que les participant-e-s à l’AG tenaient à faire entendre : ce qui nous anime tous, c’est de trouver des solutions dans la lutte contre l’échec scolaire. Et cette réforme n’en est pas une.


Agenda

<<

2017

 

<<

Novembre

 

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
303112345
6789101112
13141516171819
20212223242526
27282930123
Aucun évènement à venir les 6 prochains mois