Déconcertante concertation

mardi 25 septembre 2012
par  SUD Education 63

Extrait du journal Azimuts N°207

Le gouvernement a lancé cet été une consultation « pour la refondation de l’école », dont l’objectif affiché est de préparer une loi d’orientation et de programmation scolaire. Bien que le gouvernement n’ait pas fait grand chose pour stopper la démolition de cette même école en cette rentrée, SUD éducation a décidé de participer durant l’été à cette concertation nationale pour y porter ses revendications et être en mesure d’informer les personnels.

Concertation nationale : des craintes confirmées

Si cette concertation permet à beaucoup d’acteurs et d’actrices (syndicats, associations, collectivités, « experts », « personnalités ») d’exprimer leur point de vue, elle s’inscrit dans un calendrier beaucoup trop serré pour traiter de façon suffisante l’ensemble des thèmes. Les méthodes de travail ne permettent aucune réelle confrontation des points de vue et aboutissent plutôt à une juxtaposition de prises de parole successives où chacun-e exprime sa vision du sujet.

A l’évidence le champ des questions ouvertes à la consultation est limité et purement formel, l’essentiel des décisions semblent prises ailleurs, voire avant même que la consultation ait débuté. Ainsi, le ministre qui affirmait en juillet que « la reconstruction de la formation initiale […] comme la mise en place d’un pré-recrutement […] seront définies à l’issue de la concertation » a décidé unilatéralement de créer le dispositif « Emploi d’Avenir Professeur » entérinant au passage la mastérisation…
Notons que si les organisations syndicales sont entendues sur l’ensemble du processus, rien n’est actuellement prévu pour entendre directement les personnels.

Concertation sur l’Orientation : une grande mascarade

SUD éducation claque la porte de cet atelier
Alors que la concertation sur la refondation de l’école et sa thématique « orientation » est en cours on apprend par une dépêche que le 1er ministre vient de signer avec le président de l’ARF (Association des Régions de France )15 engagements pour la croissance et l’emploi dont 2 concernent directement l’orientation . L’engagement N° 8 confie aux régions l’animation et la coordination du service public d’orientation tandis que le N° 12 leur transfère le pilotage et l’animation territoriale de l’offre d’orientation tout au long de la vie qui, jusqu’à présent, se limitaient à un public non scolaire. Détournés de leur mission initiale, les CIO vont, par ces engagements, être associés au service de l’insertion professionnelle immédiate, aux besoins locaux de l’emploi.

Sans s’interroger sur les spécificités des professionnels de l’orientation le gouvernement considère t-il que l’autorité fonctionnelle des Régions est plus propice à la construction des élèves et que les problématiques propres à la jeunesse peuvent être traitées comme celles des adultes ? On assiste ici à une grave dénaturation de l’orientation à l’école.

Si l’orientation « fonctionne mal » selon les propos du ministre de l’Education nationale, pas un instant il n’aborde les raisons historiques de cette dégradation :

  • Suppression massive de postes de conseillers d’orientation psychologue (1 poste sur 6 remplacé depuis 5 ans).
  • Précarisation du corps.
  • Démantèlement du réseau des CIO par suppression et fusion des structures.
  • Transfert aux enseignants des tâches d’orientation.
  • Et, plus récemment, mise en place des procédures de labellisation dans les territoires en application de la loi OFPTLV (Orientation et Formation Professionnelle Tout au Long de la Vie) dont SUD éducation demande l’abrogation.

SUD éducation refuse de participer à ce jeu de dupe. Nous mettrons tout en oeuvre pour faire connaître les méthodes utilisées, les objectifs définis et les conséquences pour les élèves et les familles.

Concertation à Clermont-Ferrand : Michelin et Vulcania experts en éducation

A Clermont-Ferrand le thème choisi unilatéralement par le rectorat est « le numérique ». La forme adoptée pour la concertation : deux heures de réunion, le mercredi après midi, avec 280 participants, ce qui implique un temps de parole insuffisant. L’axe choisi pour poser les termes du débat est plutôt l’équipement des établissements qu’une réelle réflexion sur les outils utilisés, et sur l’éducation au numérique.
Tout le monde a applaudit Vulcania et Michelin qui, à notre grand étonnement étaient invités en tant qu’ « experts » et dont le temps de parole était moins limité que le notre.

SUD éducation a choisi au niveau local de se rendre à cette concertation afin de diffuser notre journal à l’entrée et de faire entendre notre analyse sur cette thématique. (voir article suivant )

La « refondation », une question posée à SUD éducation

Après les attaques que l’Ecole a subi ces dernières années, nous avons été dans une position défensive, et dans une urgence qui ne nous a pas permis de construire une réflexion aboutie sur ce que pourrait être une autre école, de la maternelle à l’université. Aujourd’hui pour SUD éducation il est nécessaire de réfléchir à l ’école, à la « refondation » que nous souhaitons, aux revendications que nous voulons porter. Nous avons besoin de réfléchir et d’échanger collectivement, par catégories, par niveau, mais aussi de manière intercatégorielle et avec les associations complémentaires de l’école afin de construire une réflexion et des revendications dans ce nouveau contexte institutionnel.

Pour cela, l’Assemblée Générale de SUD éducation 63-03 du 18 septembre a décidé la mise en place d’ un stage de formation syndicale de deux jours afin de permettre une participation la plus large possible.

Marie-Anne Schonfeld à partir d’extraits de communiqués fédéraux de SUD éducation


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