Comité Technique Académique

mercredi 25 novembre 2015
par  SUD Education 63

Déclaration liminaire en CTA ce lundi 23 novembre 2015

Après les attentats perpétrés à Paris ainsi qu’aux abords du Stade de France à Saint-Denis vendredi 13 novembre notre émotion est immense. Nous sommes frappé-e-s de tristesse, choqué-e-s, révolté-e-s. Nous exprimons notre plus grande solidarité humaine aux blessé-e-s et aux proches des victimes. Nous voulons aussi manifester notre gratitude à toutes celles et ceux qui, dans un cadre professionnel, ont dû accomplir leur tâche au milieu de ce carnage.

Les terroristes, guidés par une idéologie de mort ont commis des massacres dans des lieux de divertissement et de rencontre grand public. Ces tueries ont pour objectif d’instiller la peur, de fragmenter la société en frappant de manière spectaculaire et violente la population civile.

Nous condamnons de toutes nos forces ces attaques, leurs instigateurs et ceux qui revendiquent ces attentats. “DAECH”, “l’Etat islamiste”, est une organisation djihadiste salafiste fanatique. Son projet politique, au nom d’un fondamentalisme islamiste, vise à instaurer dans l’ensemble du monde dit “arabo-musulman” un état totalitaire qui s’apparente au fascisme : instauration d’un gouvernement dictatorial régnant par la peur et la contrainte, mise à mort des opposant-e-s et dissident-es, suppression des libertés publiques, antisémitisme. Les populations civiles de ces régions sont victimes de cette politique meurtrière. Nous dénonçons et combattons cette politique et cette idéologie. Tout, dans ce projet et dans cette organisation, est en opposition complète aux valeurs qui animent notre action syndicale : la raison, la solidarité, la laïcité, la justice, la démocratie. Ce sont ces valeurs qui continuent à guider notre action dans ces circonstances si difficiles.
Dix jours après, ces attentats sont l’objet de multiples récupérations et instrumentalisations, nous les dénonçons et nous voulons les refuser.
Dans un contexte où le racisme a déjà le vent en poupe, nous dénonçons toute stigmatisation qui pourrait résulter d’une volonté politique d’assimiler à cet acte atroce des personnes sous prétexte de leur culture ou de leur religion, réelles ou supposées. Alors que des réactionnaires rendent les musulman-e-s collectivement responsables des tueries, nous voulons continuer de travailler, comme professionnels de l’éducation, en dialoguant avec nos élèves, à déconstruire toutes les idéologies racistes et tous les fanatismes religieux. Jamais la laïcité n’a été aussi importante qu’aujourd’hui car c’est bien elle qui est aussi la cible du fanatisme religieux. Alors que les attentats tentent de diviser la population, nous appelons à refuser ce piège qui fait le jeu des fanatiques et de l’extrême droite.
Sans que cela ne remette en rien en cause notre condamnation des responsables et des commanditaires des attentats, il n’est pas possible de passer sous silence les responsabilités politiques des gouvernements français, européens et américains dans la situation actuelle. Le djihadisme salafiste est l’enfant des monarchies du golfe, alliées de la France, il se nourrit d’une politique guerrière et impériale qui a toujours composé avec les dictatures au lieu de soutenir les oppositions laïques et démocratiques.
Ici, le fanatisme se nourrit des politiques d’abandon des banlieues, des services publics, de l’école, de relégation des populations issues de l’immigration et de l’austérité, qui depuis des dizaines d’années engendrent la désespérance sociale et constituent un terreau favorable aux idéologies réactionnaires radicales, nationalistes ou religieuses.
Suite à ces attentats, le chef de l’État, le gouvernement et le parlement décident d’un état d’urgence de trois mois. Nous sommes en désaccord avec ces décisions de restriction des libertés publiques. La conflictualité sociale ne saurait être dissoute dans une volonté « d’unité nationale » contre le terrorisme.
Des moyens importants ont été déployés depuis un an et des moyens supplémentaires seront octroyés à la justice, à la police, au renseignement. Ces moyens ne dépendent pas de l’état d’urgence. La procédure pénale en matière de terrorisme est déjà une procédure d’exception. Les garanties de l’état de droit ne sont pas un obstacle à la lutte contre le terrorisme. L’Etat de droit n’est pas un état de faiblesse et la réduction des libertés face au terrorisme n’est pas l’orientation voulue par les démocrates de ce pays. Nous ne voulons pas donner une nouvelle victoire aux tueurs.
Nous voulons poursuivre notre action syndicale pour donner des perspectives à tout-e-s les travailleurs/euses, précaires, privé-e-s d’emploi, en formation, pour une alternative sociale égalitaire et démocratique : c’est la meilleure manière de défaire durablement le fanatisme, le fascisme, le racisme.


Documents joints

Déclaration liminaire CTA 23 11 2015
Déclaration liminaire CTA 23 11 2015

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