CDEN (Conseil Départemental de l’Education Nationale) du 23 avril 2014

CARTE SCOLAIRE 1er degré du Puy de Dôme
mardi 13 mai 2014
par  SUD Education 63

IMPORTANT : Une modification par rapport au CTSD d’hier : annulation de la fermeture de classe à St-Dier-d’Auvergne.

Résultat du vote :
- SUD, FSU et 1/3 FCPE : CONTRE
- UNSA, 2/3 FCPE, élus locaux, représentants d’associations : ABSTENTION

Déclaration liminaire de SUD éducation
Le conseil départemental de l’éducation nationale est réuni aujourd’hui, après
bientôt deux ans d’une présidence de la République annoncée comme étant celle
du changement et de la refondation de l’école.
Le choix des mots a créé des espoirs : enfin, des réformes s’attaqueraient aux
inégalités des chances et aux mécanismes de reproduction des inégalités sociales
en donnant aux personnels les moyens de lutter contre les difficultés et l’échec
scolaire. Dans les écoles, les collèges et toute l’Education nationale, deux ans
après, nous attendons toujours de voir les réformes concrétisant les espoirs
suscités.

Aujourd’hui, des promesses de refondation il ne reste plus grand chose. Un lent
avachissement du projet s’est produit à coup de priorités successives, priorités de
plus en plus étroites à chaque nouvelle annonce ministérielle : priorité à l’éducation
et à la jeunesse dans un premier temps, rapidement transformée en priorité à l’école
primaire, puis priorité à l’éducation prioritaire, puis priorité à seulement une centaine
de secteurs Eclair, priorités qui aboutissent finalement, au mieux, à la création de
demi-postes supplémentaires à répartir pour tout un groupe scolaire (maternelle et
élémentaire).
La majorité parlementaire, les représentants du ministère et leurs partisans se
pâment devant ce saupoudrage quand, pour la grande majorité des personnels et
des élèves, aucune trace des 60 000 postes à créer sur le quinquennat n’est visible.
Dans notre département, en ce moment, on décide encore de fermer des classes en
sachant qu’on concentre ainsi 29, 30 élèves par classe en moyenne dans les écoles
concernées. Et la scolarisation en maternelle est une priorité gouvernementale,
paraît-il ! Quels effectifs atteindrions-nous sans cette priorité ?
Les mensonges sur les créations de postes sont d’autant plus scélérats qu’en
faisant passer auprès de l’opinion publique l’Education nationale pour un ministère
privilégié, le gouvernement nous expose particulièrement aux tours de vis des
politiques d’austérité qui seront menées par ses successeurs, et beaucoup n’y
verront que justice.

Une autre priorité a été annoncée par notre ministère : la formation des professeurs.
Malgré cela, en septembre, nous verrons ce que nous n’avons jamais vu dans ce
département sous la présidence Sarkozy : des professeurs des écoles stagiaires
seront envoyés dans les classes dès la rentrée sans formation. Globalement,
concernant la formation initiale, même si des détails évoluent, pour l’essentiel nous
sommes dans la continuité des réformes de la droite décomplexée : la masterisation
est renforcée, les Espé sont noyés dans les universités.
Sur ce qui sert de formation continue, avec l’évolution vers la formation à distance,
se mettent en place les recettes de la formation sans formateur. Imposer cela à des
enseignants, quelle cynisme ! On veut nous faire tenir la scie pour abattre l’arbre
dans lequel nous sommes assis.
Aujourd’hui, au cours de ce conseil, la réforme des rythmes scolaires s’accapare,
encore une fois, une place de choix à l’ordre du jour. Que de temps et d’énergie
passés autour d’une réforme précipitée, mal fichue et inutile quant à la lutte contre
l’échec scolaire ! Cette réforme était censée revenir sur la semaine organisée par
Darcos (en résumé : réduction du temps de classe hebdomadaire, remplacement
des Rased par l’aide personnalisée, et de la formation continue par les animations
pédagogiques). La réforme Peillon propose de redistribuer sur la semaine des
horaires réduits d’école. L’extrême variété des organisations acceptées par les
services départementaux est bien la confirmation que le respect du rythme supposé
des enfants n’est qu’un affichage. Pour SUD éducation, cette réforme n’a jamais été
qu’un écran de fumée pour tenter de faire croire, à moindres frais, que le ministère
s’attaquait aux problèmes du système scolaire. Les enfants, et en particulier les plus
jeunes, sont beaucoup plus les victimes que les bénéficiaires de cette réforme
associée à une accentuation prodigieuse des inégalités territoriales. Les personnels
aussi pâtissent de cette réforme.
Le contenu du temps scolaire, quant à lui, n’a toujours pas changé en deux ans.
Deux ans, c’est le temps qu’il a fallu pour monter cette usine à gaz qu’est le conseil
supérieur des programmes, pour qu’il travaille à une charte et qu’il se rende enfin
compte qu’il était urgent d’aménager les programmes de 2008. Il va encore lui falloir
beaucoup de temps pour réfléchir et on nous annonce que les nouveaux
programmes de l’école élémentaire ne seront totalement opérationnels qu’au
prochain quinquennat. On croit rêver.

En se précipitant pour faire voler en éclat les cadrages horaires des écoles alors
qu’il prenait un temps indécent pour commencer à se poser la question de ce qu’on
fait à l’école, parce qu’il n’a pas du tout été convaincant sur les effectifs dans les
classes, sur les moyens de lutter contre l’échec scolaire, sur la formation des
personnels, pour SUD éducation le bilan du ministère Peillon est lamentable. Hélas,
la constitution d’un nouveau gouvernement encore plus dévoué que le précédent au
dogme du paiement d’une dette qui n’est pas la nôtre, est le signe que
l’engagement financier qui pourrait permettre d’envisager une refondation de l’école
ne sera pas pris. Le saupoudrage restera le principe de fonctionnement rue de
Grenelle et, par conséquent, rue Pélissier.


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