Audience au rectorat sur le recrutement de contractuel-les enseignant-es 1er degré

vendredi 29 septembre 2017
par  SUD Education 63

Mardi 26 septembre, SUD éducation était donc au rectorat pour une audience intersyndicale sur la question des contractuels dans le 1er degré.

Dénoncer fermement la précarité qui s’installe

La rectrice nous a présenté la situation de "sous-consommation des emplois" jugée comme inédite dans le Puy de Dôme et le Cantal. Plus clairement cela signifie qu’il n’y a pas assez de personnels alors que les budgets sont là.

L’administration explique s’être rendue compte du souci en juin : le nombre de temps partiels, de disponibilité et de départs en retraite était en large décalage par rapport à leurs prévisions. En gros, en juin, il manquait 55 professeurs des écoles dans le Puy de Dôme.

Avec le jeu des INEAT/EXEAT et 13 recrutement sur la liste complémentaire cet été, le déficit reste de 32 enseignants à la rentrée. En clair la rentrée s’est faite grâce aux moyens de remplacement mais à partir de mi-octobre le déficit ne permettra plus de fonctionner, donc nombre de remplacements ne se trouveraient pas assurés.

Face à cette situation la rectrice explique que le ministère refuse le recours à la liste complémentaire et donc que la seule solution serait d’embaucher 32 contractuels dans le 63.
La raison paraît évidente : recruter sur la liste complémentaire coûterait bien plus cher car ce seront autant de fonctionnaire stagiaires qui durant cette année seront en classe à mi-temps. Les contractuels offrent à l’éducation nationale un service à temps plein jusqu’à la fin de leur CDD (31 août).

SUD éducation s’est opposé à cette logique dès la pré-rentrée scolaire, d’autant plus que la liste complémentaire n’est à ce jour pas épuisée. Nous avons également dénoncé le cynisme consistant à proposer les postes de contractuels aux personnes qui justement figurent sur la liste complémentaire.

Nous avons rappelé notre opposition totale à l’emploi de contractuels car nous refusons la précarité et son développement dans l’Education nationale déjà bien touchée (1 personnel sur 5) par un phénomène contre lequel elle ne fait rien et qui devient un véritable mode de gestion de l’emploi public.

Nous avons souligné que cette situation n’a rien « d’inédit » (c’était le mot de la rectrice) mais qu’on mesurait maintenant les conséquences du manque de moyens que nous dénonçons depuis des années.
Si un département comme le Puy de Dôme, aussi demandé lors des permutations, connaît un tel déficit de personnels, et s’oblige à recruter des contractuels, ce qui nous ramène trente ans en arrière, cela ne peut pas être simplement un manque d’anticipation administrative concernant le nombre de départs en retraite.

Nous avons dit que la précarisation ne concernait pas que les enseignants et qu’il ne fallait pas oublier les autres personnels comme les CUI/CAE par exemple dont une grande partie ne voient pas renouveler leur contrat et passeront de l’emploi précaire au chômage.

La rectrice s’est engagée à redemander au ministère la possibilité de recourir à la liste complémentaire.

Concrètement…ce qui risque d’arriver

Les IA du 63 devraient faire passer les entretiens d’embauche la première semaine d’octobre . Il y aurait une quarantaine de personnes intéressées.

Les contractuels ainsi embauchés commenceraient le 9 octobre par une « formation de 2 jours » et seraient devant des élèves le 12 octobre.

Les contractuels seront embauchés à l’indice 367 s’ils ont le niveau licence et 388 au niveau master. C’est à dire moins de 1 400 euros nets sans perspective au-delà delà.

Nous avons insisté sur le sens des mots et présicé que ces contractuels seraient juste informés (2 jours + 3 jours facultatifs) mais pas formés vu le peu de jours dédiés.
Nous avons expliqué que les formateurs seraient face à un problème éthique. Que faire ? Que dire en 2 jours ? Encore une fois, c’est le don de soi des collègues sur le terrain qui fera fonctionner le système déréglé.

A propos de ces jours facultatifs de formation pris sur les vacances des contractuels et des formateurs pris (et donc non payés), nous avons rappelé leur caractère cynique quand on sait à quel point les jeunes collègues en ont besoin et que les maîtres formateurs volontaires ne seraient pas payés. Nous avons dit que tout travail mérite salaire, la rectrice a parlé d’un recours à une indemnisation, ce n’est qu’une demi-satisfaction.

Les contractuels seraient affectés sur des postes de remplaçants. L’ administration tentera ainsi de masquer les besoins en titulaires exerçant des remplacements ce qui est bien une vraie fonction publique loin d’être évidente professionnellement.

Pour ne pas conclure…

Après la pétition intersyndicale qui a recueilli plus de 600 signatures en une semaine, SUD éducation continue de dénoncer l’emploi précaire et la mise au chômage de celles et ceux qui n’ont pas d’autre choix face au chômage.
Sud éducation continuera à suivre de près ce dossier.

Pour l’heure nous appelons tous les personnels, titulaires, précaires ou en formation à se mobiliser dans les semaines qui viennent contre la précarité et le chômage :

  1. Rassemblement mercredi le 4 octobre à Clermont ferrand contre la précarité
  2. Grève avec, au moins, tous les salariés la fonction publique le 10 octobre.

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